vendredi 4 décembre 2015

Humanity next stage

La théorie du développement

Le développement personnel, psychologique et social de chaque être humain engendre le stade de développement dans lequel opère la société dans son ensemble. Les développementalistes s'accordent pour dire que les sociétés évoluent par étapes, correspondants aux stades de développement de la majorité des individus de cette même population.

A chaque transition, tout change:
- La société passe de petits groupes familiaux, à des tribus, à des royaumes, à des empires, à des états-nations.
- L'économie passe de la cueillette au jardinage, puis à l'agriculture, et enfin à l'industrialisation
- Les structures politiques, les croyances religieuses, la morale, les modes d'organisation: tout change.


Une large littérature de psychologues, ethnologues, sociologues etc. a étudié ces différent stades de développement sous différents angles: l'angle des besoins (Maslow) (1), les visions du monde (Gebser), les capacités cognitives (Piaget), les valeurs (Graves), le développement moral (Kohlberg, Gilligan), le développement de l'ego (Loevinger), la spiritualité (Fowler) etc.


Je reprends ici les descriptions du livre de Fréderic Laloux (2), que j'ai simplifiées et traduites.
Chacun a ses propres appellations et Laloux s'inspire lui-même des appellations de Jenny Wade et Ken Wilber qui mélangent des couleurs (faciles à mémoriser) et des mots-clés.
J'y ai ajouté entre parenthèse le processus ego-évolutionniste correspondant, parce que la transformation de la société n'est qu'un processus émergent de la transformation des individus (de la maîtrise de leur ego).

Réactif - Infrarouge (pré-dualisme: ego non différencié)

Il correspond au stade précoce de l'humanité où nous vivions en petits groupes familiaux. Notre ego n'est pas encore totalement formé, les individus ne se perçoivent pas comme distincts des autres et de leur environnement. Au-delà de quelques douzaines de personnes, le groupe se disloque car notre capacité à gérer les relations est limitée. Cette période est parfois idéalisée par certain comme celle du bonheur pré-dualiste (ignorant le taux extrêmement élevé de violence et de meurtre à ce stade). Au niveau du développement de l'enfant, c'est l'étape fusionnelle où l'enfant ne se perçoit pas encore comme distinct de sa mère.

Magique - Magenta (différenciation de l'ego)

Notre ego est à présent différencié des autres et de l'environnement, ce qui est une étape majeure pour gérer la complexité. Nous nous regroupons en tribus au sein desquelles nous suivons les anciens et les chamanes. Les relations de cause à effet sont mal comprises. Nous nous percevons comme le centre d'attention de l'univers et nous créons des rituels pour l'apaiser. L'univers est plein de magie: "Les nuages bougent pour me suivre, le mauvais temps est une punition pour mes mauvaises actions...". Nous ne sommes pas encore pleinement conscients de la mort qui reste un non-événement.
Quelques rares tribus isolées fonctionnent encore aujourd'hui sur modèle.

Impulsif - Rouge (affirmation de l'ego - pouvoir)

L'ego est à présent pleinement formé et différencié. Nous prenons conscience de l'existence de la mort. Si je ne suis qu'une partie, différente du tout, je peux mourir. En conséquence, le monde nous apparaît comme dangereux. Le pouvoir est la base des relations: si tu es plus puissant que moi, je me soumets pour que tu prennes soin de moi. Si je suis plus puissant que toi, tu dois assouvir mes besoins. La violence est le mode d'expression principal dans les relations sociales. Avec la différenciation de l'ego, devient possible la différenciation des rôles ainsi que la division du travail. Il y a un chef et des soldats et, souvent, des esclaves. Les premiers royaumes et des proto-empires font leur apparition.
Mais le paradigme rouge survit difficilement au passage à plus grande échelle (scaling) car l'organisation se désintègre lorsque ses éléments sont éloignés du chef de plus de 3 à 4 niveaux.
Aujourd'hui, les gangs ou les mafias fonctionnent sur ce modèle.

Conformiste - Ambre (maîtrise de l'ego au sein d'un groupe - appartenance - statut)

A ce stade, la société se stabilise, les causes et les effets sont bien compris, la planification et la stratégie devient possible.
Dès lors, l'agriculture, qui requiert de prévoir d'une année sur l'autre, peut se développer.
Psychologiquement, nous comprenons les perceptions et les émotions d'autrui: Piaget décrit ce stade comme celui auquel l'enfant comprend que, lorsqu'une balle bicolore est placée entre lui et un autre, chacun voit une couleur différente.

Au niveau social, ce stade voit l'émergence de nombreux rôles et statuts: les guerriers, les prêtres, les artisans, les paysans, les seigneurs etc. Ce qui compte, c'est l'appartenance à un groupe, à une caste ou un milieu social, et de se conformer à des règles immuables. C'est aussi le stade où émergent des sociétés plus complexes et plus grosses: les états et les civilisations.
Au niveau organisationnel, l'Eglise catholique, l'Armée et les premières grosses entreprises de la Révolution Industrielle (Ford) sont basées sur ce modèle.

Réalisation - Orange (libération de l'ego)

La société mythique-religieuse-conformiste bascule vers une société dominée par le paradigme scientifique et rationnel, dans laquelle nous voyons le monde comme une horloge.
C'est l'apparition de la société industrielle.
Il n'y plus de bien et de mal absolu: il y a ce qui marche et ce qui ne marche pas.
Ce qui compte, c'est le résultat.
Au niveau psychologique, c'est la libération de l'ego, qui n'a plus de limite: au niveau social, la société est moins stratifiée, chacun peut échapper à sa condition initiale.
C'est le paradigme de la méritocratie, mais aussi un temps de prospérité incomparable: la famine et la peste sont vaincues.
En effet, la société industrielle a assouvi tous nos besoins physiologiques (je dirais même au-delà du raisonnable) et, bien que notre besoin de sécurité soit régulièrement ébranlé par des fanatiques, la plupart d'entre nous font suffisamment confiance aux autres pour ne pas s'arrêter à un carrefour lorsque le feu est vert et continuer à boire des cafés en terrasse, malgré les récents attentats.

Ce paradigme, comme chacun des précédents, vient avec sa face sombre, qu'il est difficile aujourd'hui d'ignorer: l'avidité, le court-termisme, la surconsommation, l'épuisement des ressources naturelles etc.
Au niveau des entreprises, qui fonctionnent la plupart sur ce paradigme, c'est l'apparition du management par objectif. On valorise les tâches effectuées plus que les relations.
On privilégie la rationalité et on se méfie des émotions.
Les questions de sens et de but ont peu d'importance.

Pluraliste - Vert (alter-ego)

Est appelé aussi stade "post-moderne", nous cherchons à combler les lacunes du stade précédent: l'obsession matérialiste, les inégalités sociales, la perte de communauté.
Nous recherchons l'égalité et nous défendons la diversité des points de vue, qui tous méritent un égal respect.
Le paradigme vert est celui de la libération de la femme, de la liberté religieuse et la démocratie.
Après les Lumières, l'Etat de droit et la démocratie représentative ont remplacé la monarchie absolue, et en l'espace d'environ un siècle, chose inédite dans l'Histoire, quasiment toutes les sociétés modernes-industrielles ont aboli l'esclavage.
Au niveau organisationnel, "Orange" favorise la prise de décision "top-down", basée sur des faits, des expertises et des simulations, alors que "Vert" favorise les décisions bottom-up, basées sur le consensus. Alors que Orange glorifie le leadership décisif, Vert insiste pour que les leaders soient au service de ceux qu'ils conduisent. Au niveau organisationnel, la pyramide hiérarchique est inversée et on insiste sur le "servant-leadership".
Ce paradigme a cependant ses propres problèmes:
Tous les paradigmes continuant de se côtoyer, la fraternité prônée par le paradigme Vert coexiste mal avec l'égocentrisme Rouge, la certitude Ambre et le mépris de Orange pour ce qui est perçu comme de l'idéalisme.
Au niveau organisationnel, l'égalitarisme Vert trouve ses limites lorsqu'il faut trouver des consensus dans de larges groupes, ce qui conduit souvent à des discussions sans fin et une paralysie décisionnelle. Les Nations Unies ou l'OMC fonctionnent sur ce paradigme.
Quelques entreprises parmi les plus "successful" fonctionnent avec une culture "verte". On peut citer par exemple, Southwest Airlines, DaVita et Ben & Jerry's.

Évolutionniste - Teal/Turquoise (l'ego est un processus)

D'après Ken Wilber et Jenny Wade, le dernier stade correspondrait au cinquième étage de la pyramide de Maslow (2): celui de la "Réalisation de soi".
Ken Wilber le décrit sous le nom de stade intégral.
L'ego n'est plus perçu comme une identité mais comme un processus.

Chaque paradigme voyait son précédent comme obsolète.
Avec Teal, tous les stades précédents sont légitimes et peuvent coexister en fonction des conditions.

Pour Teal, dire qu'un adulte est mieux qu'un adolescent, ou qu'un adolescent est meilleur qu'un enfant n'a pas de sens.
Chaque stade peut simplement gérer une complexité supérieure.

Est-ce que des organisations, et notamment des entreprises, peuvent fonctionner suivant ce paradigme? C'est tout le sujet du livre de Fréderic Laloux qui en a trouvé une douzaine, de toutes tailles (100 à 80 000 employés) et dans des domaines d'activité très différents (de l'énergie aux services, à l'industrie, la santé, l'école et les médias).

Sources et notes:
(1) J'utilise ici la pyramide de Maslow comme un outil descriptif et non comme un modèle de pensée dogmatique s'appliquant de manière universelle. Pour la critique de ce dernier usage, voir cet article.
(2) "Reinventing organisations" - Fréderic Laloux (Excellent livre, malheureusement pas encore traduit en français)

PS
Sur les conseils d'un ami, j'ai découpé cet article en 2 parties pour améliorer la lisibilité des articles.
Désolé pour les commentaires: certains de commentaires de cet article s'appliquent en fait au précédent.
Le découpage est fait selon ce qu'@Hadrien appelle première et deuxième partie dans les commentaires.

14 commentaires:

  1. Salut,
    Je sais que ce n'est pas le sujet de ton article, mais tout au début, tu voulais certainement parler des "récents événements à Beyrouth, Paris, Bamako ET Sharm el sheikh", n'est ce pas ? Surtout que 2 lignes auparavant, tu parles d'échec du communisme.
    Curieux que certains morts valent moins que d'autres.
    Curieux qu'on n'ait pas chanté l'hymne russe dans les stades.

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    1. @Marc : pour Sharm el sheihk, je serais prudent. Certes, c'est revendiqué par l'EI qui a même présenté une "copie" de leur bombe avec une canette de soda. Ceci était, c'est étrange. Il y a un groupe d'enquêteurs égyptiens (là ou ça s'est produit), russes (compagnie + victimes) et français (avion concerné). Au début, les enquêteurs ont parlé un peu (normal, une enquête dure des mois voire des années) et ont dit que la piste de la bombe est la plus plausible (mais pas certaine, ça a été le cas sur le TWA800 et le China 611 et au final, ça n'était pas des bombes). Et finalement, qui a annoncé la "confirmation" ? le FSB !!! quelles preuves ont été avancées ? aucune.

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  2. PS. Le nom du second article Neotopia c'est "Argent, bonheur, statut et jalousie : drôle de mélange"
    (Ça prouve au moins que j'ai cliqué dessus!)

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  3. En effet, pour le crash de l'A321, le fait qu'on n'a pas su immédiatement si c'était un accident ou pas a atténué l'impact.
    Ceci dit, c'est vrai que l'amplitude du mouvement de solidarité à l'égard de la France a surpris tous les français. Je ne me rappelle pas un tel mouvement de notre part lors des attentats de Madrid ou de Londres. De même, lors des attentats de Charlie Hebdo, un américain m'avait fait remarquer qu'une tuerie qui fait 12 morts, ce n'était malheureusement pas si inhabituel aux USA.
    C'est peut-être à cause du fucking croque-en-bouche?
    https://www.youtube.com/watch?v=hWOZT8jRWxY

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    1. Je me suis fait la même remarque et effectivement, je crois que cela confirme la perdurance de l'aura que possède la France dans le monde. Apparemment, il n'a jamais cessé d'émaner mais les seuls à l'avoir oublié sont les français eux-mêmes. Le monde nous regarde, c'est désormais évident, ce qui augmente notre exigence d'exemplarité...

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  4. Sur la première partie du billet, je suis d'accord que le début du 20ème siècle a été marqué par un optimisme souvent exagéré vis à vis des apports des sciences dures, notamment via la formalisation mathématique du réel. Cependant je ne pense pas que l'on soit en train de remettre en cause le paradigme scientifique et je ne comprends pas vraiment pourquoi les biais cognitifs changeraient notre rapport à la science. Bien sûr nos modèles économiques. sociologiques, ou autres, doivent y tenir compte, et c'est peut-être trop complexe pour être formalisé à l'heure actuelle, mais ça me parait assez anecdotique. Plutôt que d'un changement de paradigme scientifique, amorcé après la période positiviste, il me semble que le paradigme est plutôt en train de gagner en maturité, mais peut-être je chipote ;)

    On peut se poser trois questions majeures concernant les limites de la science:
    - En pratique, a-t-on les moyens techniques et humains d'investiguer et de prédire tout ce qu'il est théoriquement possible d'investiguer/prédire ?
    - y a-t-il des failles ou des biais dans la démarche scientifique qui rendent certains faits scientifiques au mieux inutilisables, au pire faux (au sens qu'il ne sont pas même approximativement vrais)?
    - qu'est-ce que la science nous dit-elle vraiment du réel ?

    On a beaucoup avancé sur les deux premières questions et on a adapté notre vision du progrès scientifique en conséquence. La troisième question est là où il reste le plus de travail à mon avis. En ce moment la tendance est plutôt au réalisme scientifique (par opposition au constructivisme, relativisme, idéalisme etc.), donc on va dans le sens opposé du "moins de science", en tous cas parmi les chercheurs/philosophes qui discutent de ces sujets.

    À propos de la seconde partie du billet, je trouve l'époque "pré-dualisme" vraiment fascinante, mais je me demande ce que l'on en sait vraiment. Fréderic Laloux donne-t-il des détails, des preuves ou même des dates approximatives ? A première vue ça parait difficile de réfuter que l'Homme soit passé par une étape de "construction de l'ego", mais à bien y réfléchir, on peut défendre l'idée que l'ego est complètement dépendant de nos connaissances personnelles sur la nature et la société, et qu'à ce titre une histoire de l'ego est redondante avec l'histoire du développement des connaissances. L'ego "émergerait" de notre rapport riche avec la nature et la société, pour reprendre le thème de l'émergence déjà traité sur ce blog.

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    1. @Hadrien: sur l'époque "prédualisme", et pour le terme "Réactif" Laloux renvoie au travail des développementalistes (Wade, Gebser, etc.), qui font la synthèse d'autres travaux:
      - Des ethnologues qui ont vécu parmi les quelques tribus qui présentent encore ces caractéristiques (vie en petits groupes familiaux apparentés)
      - Des psychologues spécialistes du développement de l'enfant (Piaget, Freud etc.).

      Le postulat des développementalistes est que, lors de son développement, un individu suit en accéléré les étapes de développement de l'humanité.

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    2. Pour ce qui est de ta question: "pourquoi les biais cognitifs changeraient notre rapport à la science": je parle des découvertes de la psychologie et des neurosciences en général (pas uniquement des biais cognitifs).

      Mon argument est que les "récentes" découvertes en psychologie (mais dans d'autres sciences aussi) ont fait la démonstration que le raisonnement cartésien "classique" (le déterminisme classique notamment, qui a grandement inspiré le management, l'économie, et la structuration des organisations) est limité et surtout inopérant/inadéquat en matière de sciences "humaines".

      Il me semble à moi (c'est une opinion) qu'ayant découvert les limites de ce raisonnement cartésien "classique", la société s'intéresse à nouveau aux relations humaines, au rôle important des émotions, des intuitions etc.

      C'est devenu très apparent dans les livres qui paraissent depuis quelques années (surtout dans la littérature anglophone, il est vrai) sur le thème du management, du développement personnel, de la communication, du design etc.

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    3. Ceci n'est pas une "opinion" mais la base de l'esprit scientifique parfaitement démontré par Gaston Bachelard dans "Le nouvel esprit scientifique" (1934) et son fameux chapitre sur l’épistémologie non-cartésienne...

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    4. @Baptiste : je veux dire que mon opinion, c'est que "la société s'intéresse à nouveau...".
      En effet, les philosophes et épistémologistes en particulier avaient déjà identifié ces conséquences, mais il faut du temps et des réalités concrètes pour qu'une idée "passe" concrètement dans la culture.

      "Rien n'est plus fort qu'une idée dont le temps est venu"

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    5. @Steph Pour info, je rebondissais à cette remarque de l'article avant qu'il ne soit divisé en plusieurs parties:
      "Ces découvertes constituent, à mon sens, la plus grande critique formulée à l'égard du paradigme scientifique"

      Je comprends que les neurosciences et la psychologie nous mettent en garde contre les modèles trop simplistes de l'économie, des organisations et de tout ce qui dépend de la décision d'individus.
      De là à remettre en question le paradigme scientifique ?
      De quelle manière ?

      - Parce que les scientifiques sont des individus irrationnels comme les autres, donc la communauté scientifique ne serait pas rationnelle dans ses moyens de produire de la connaissance ?

      - Parce que la science ne permet pas de bien prévoir les comportements humains et les systèmes chaotiques ? Certes, mais la science c'est beaucoup plus que cela. D'une part la science regroupe des domaines assez bien formalisables, et pas des moindres, comme la physique fondamentale. D'autre part la science c'est aussi comprendre (sans prévoir) et catégoriser. Enfin, sur les comportements humains, on peut arguer que ce n'est *que* un problème de complexité et pas du paradigme, problème que l'on peut par exemple attaquer sous l'angle statistique.

      Cela étant dit, ce que l'on étiquette généralement "cartésianisme" n'est pas viable comme moyen de faire de la science, mais il a bien davantage été écorné par des soucis d'ordre épistémologique que par les découvertes en psychologie&neurosciences (à mon avis).

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    6. @Hadrien: merci pour cette question fort intéressante et qui me fait réaliser qu'il me faut dissiper un malentendu possible quant à l'usage de l'expression "paradigme scientifique" qui pourrait conduire à ce que mon article soit interprété incorrectement.
      La longueur de ma réponse va excéder la taille d'un commentaire habituel, et je souhaite également dissiper ce malentendu plus largement, c'est pourquoi je propose de répondre sous forme d'article

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  5. "Alors que la science d'inspiration cartésienne faisait très logiquement du complexe avec du simple, la pensée scientifique contemporaine essaie de lire le complexe réel sous l'apparence simple fournie par des phénomènes compensés ; elle s'efforce de trouver le pluralisme sous l'identité, d'imaginer des occasions de rompre l'identité par-delà l'expérience immédiate trop tôt résumée dans un aspect d'ensemble."
    "Le nouvel esprit scientifique", Gaston Bachelard, 1934.

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